Deux amis se revoient sous un saule pleureur.
La saison le voulant il n'y a pas de feuille,
Dans l'air d'hiver reigne une odeur de chèvre-feuille
Annonçant le début du printemps à toute heure.
- Quel bel hiver nous avons eu, tu ne crois pas ?
Un blanc immaculé, comme si rien n'existait.
- Oui... comme si le vide était devenu roi
De cette saison et que rien ne l'effrayait...
- Quelque chose me dérange, ça sonne faux.
Pour moi ton discours a un air de déjà vu.
- J'arrive plus à sortir la tête de l'eau...
C'est une habitude : tu t'en es apperçu...
- Tu sais qu'en tant qu'ami je serai toujours là,
Allez, dis-moi ce qui atteint ton moral.
- Mais justement je ne sais pas d'où vient le mal.
Le blanc est devenu gris, il fait toujours froid
Les couleurs ont toutes disparus, il fait noir...
C'est comme si un parasite me mangeait...
- Changes-toi les idées, ne te laisse pas choir.
Pourquoi arrêter là ? Avant tu te battais.
- Je plonge dans un gouffre qui m'a consumé,
J'ai beau continuer à me battre, je tombe...
- Ne crois pas avoir déjà un pied dans la tombe.
Mais tu sais, les contraintes, il faut les assumer.
- J'ai mal... je me fait dévorer de l'intérieur...
- Je ne sais quoi dire, je me sens inférieur...
- Tu sais, je vais te retrouver avec plaisir...
Il se quittent espérant ne pas voir le mot "fuir"
- J'ai retrouvé une attache et c'est grâce à toi,
Pourquoi ça ? Parce que tu m'as laissé le choix.
- Cela signifie que ta vie va commencer,
Comme cette petite feuille, tu vas pousser.
PS : je me suis rappelée ce que ma prof de psycho de l'huma nous avait dit "j'avais un patient, il criait tellement son désespoire qu'au fil des séance, je ne savais plus que dire... je ne sais pas pourquoi mais à une des séance je l'ai raccompagné à la sortie et l'ai regardé... il est revenu à la prochaine en disant "merci, j'ai retrouvé une attache. Vous ne m'avez pas imposé votre choix, je me suis senti enfin libre de faire mes propres choix : fuir ma vie ou non... et j'ai décidé de m'attacher à l'espoir de vos yeux" "
Voila pourquoi cette forme, voila pourquoi cette manière dans ce texte... |